Fête de la nativité de Saint Jean Baptiste: le mercredi 24 juin, 19h00



Cette fête est un morceau d'Avent dans le temps de la Pentecôte et nous montre comment peuvent se compléter les mystères du salut dans l'année liturgique. Nous sommes presque au milieu de l'année liturgique et déjà se dessine l'année nouvelle, tel le bouton qui, sous la feuille, annonce en plein été le printemps prochain

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2. La messe (De ventre). — La messe est entièrement dominée par la pensée de la vocation du Précurseur. Dès l'Introït, il se présente lui-même devant nous et parle de sa sanctification dans le sein maternel. La liturgie appliquée au Précurseur les textes dans lesquels il est question de la vocation des Prophètes Isaïe et Jérémie. La leçon du bréviaire, au premier nocturne, est empruntée à la vision dans laquelle Jérémie reçoit sa vocation. Par contre, la leçon de la messe (comme d'ailleurs l'Introït) est empruntée à Isaïe. Dans les deux cas la même pensée est exprimée : le Baptiste a été, dès avant sa naissance, établi par Dieu prédicateur de pénitence et précurseur.

Le Graduel est l'écho de la leçon et emprunté comme elle à l'Ancien Testament. Quant au verset de l'Alléluia, qui est le prélude de l'Évangile, il est tiré aussi de l'Évangile : Jean est envoyé devant le Seigneur pour lui préparer les voies.

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Au Saint-Sacrifice apparaît le divin « oriens ex alto » avec son Précurseur dans son escorte. A la sainte Communion, chacun de nous est un « Propheta Altissimi », un prophète du Très-Haut, appelé, toute la journée, à paraître devant la « face du Seigneur » pour lui préparer ses voies.

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Examinons le Graduel. Le deuxième verset se termine ainsi : « Et il me dit ». La liturgie n'achève jamais ainsi. Il en résulte que le Graduel suppose l'antique manière de chanter. C'était alors le beau répons dramatique :
– La Schola (Dieu) : Avant de te tonner dans le sein maternel, je te connaissais.
– Le peuple (répétant en écho) : Avant de te tonner dans le sein maternel, je te connaissais.
– La Schola : (Jean) Le Seigneur a envoyé sa main ; il a touché ma bouche et il m'a dit :
– Le peuple (Dieu) : Avant de te tonner dans le sein maternel, je te connaissais.

Considérons aussi la gradation des sentiments de l'Église dans cette fête : lætitiam, honorabilem, gratiam gaudiorum, cumulamus. L'Église veut éveiller en nous la joie de la fête, la joie du sacrifice. — Encore une remarque : la messe commence par « je » (l'Introït aime ce « je », car chacun de nous, au commencement de la messe, offre son « moi » en sacrifice). Ce « je » devient peu à peu « nous » ; vers la fin, à la communion, le « nous » est remplacé par le « tu ». Maintenant la grâce coule dans chaque cœur particulier.

Dom Pius Parsch, le Guide dans l'année liturgique