Cette semaine nous célébrons la fête des saints Pierre et Paul, où nous commémorons l'autorité de saint Pierre, chef des apôtres, et de son fidèle assistant, saint Paul, le grand évangélisateur des Nations. Si saint Pierre est notre chef dans la foi, saint Paul est son soldat intrépide. Saint Pierre, l'un des 12 apôtres, a été nommé chef des 12 par Jésus lui-même. Saint Paul est considéré comme un apôtre par la liturgie romaine, même s'il n'était pas l'un des douze, en raison de son travail apostolique considérable. Il mentionne son statut inhabituel au 1 Corinthiens 15, où il dit qu'il est "né en dehors du cours normal des choses", parce qu'il n'a connu Jésus qu'après sa résurrection d'entre les morts, et après avoir lui-même persécuté l'Église. Saint Paul a été miraculeusement converti par le Christ à Damas et est passé du statut de plus grand persécuteur à celui de plus grand évangéliste.
Le pape Benoît XVI nous avait rappelé qu' "une tradition très ancienne, qui remonte aux temps apostoliques, affirme que la dernière rencontre [de saint Pierre et saint Paul] avant leur martyre a eu lieu non loin de [la basilique Saint-Pierre] : les deux hommes se sont embrassés et se sont bénis. Ils sont donc mis ensemble sur le portail principal de la basilique, avec des scènes des deux martyres. Ainsi, dès le début, la tradition chrétienne a considéré que Pierre et Paul étaient inséparables, même si chacun avait une mission un peu différente. Comme le disait Saint Augustin] : "Un jour est assigné à la célébration du martyre des deux Apôtres. Mais ces deux-là ne faisaient qu'un. Bien que leur martyre ait eu lieu à des jours différents, ils ne faisaient qu'un" (Sermon 295, 7, 8).
Saint Paul dit dans sa lettre aux Galates qu'après s'être converti au Christ, il est allé consulter Saint Pierre pendant 15 jours, et il dit n'avoir vu aucun des autres Apôtres à l'exception de Jacques le Mineur. Pourquoi dit-il cela? C'est l'un des nombreux passages qui indiquent que saint Pierre avait une position d'autorité principale parmi les Apôtres. Si saint Pierre était en charge d'eux, il était en charge de toute l'église, donc saint Paul a décidé de passer autant de temps que possible avec lui.
Nous connaissons ce passage familier de saint Matthieu : "Que disent les hommes touchant le Fils de l'homme? Ils Lui répondirent: Les uns, qu'Il est Jean-Baptiste; les autres, Elie; les autres, Jérémie, ou quelqu'un des prophètes. Jésus leur dit: Et vous, qui dites-vous que Je suis? Simon Pierre, prenant la parole, dit: Vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant. Jésus lui répondit: Tu es bienheureux, Simon, fils de Jonas, parce que ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais Mon Père qui est dans les Cieux. Et Moi, Je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre Je bâtirai Mon église, et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle. Et Je te donnerai les clefs du royaume des Cieux; et tout ce que tu lieras sur la terre sera liè aussi dans les Cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié aussi dans les Cieux." “ Tu es béni, Simon, fils de Jonas, car ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est dans les cieux. Et moi, je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle. ” Sur quelle pierre ? Sur le roc de Pierre, qui, parce qu'il a professé la foi que Jésus était le fils de Dieu, par une révélation spéciale de Dieu le Père, deviendra le responsable de la préservation de la profession de foi jusqu'à la fin des temps par un don spécial de Dieu.
Il y a une vieille expression : Ubi Petrus ibi ecclesia, là où est Pierre, là est l'Église. Dieu a accordé à tous les papes une protection toute spéciale pour préserver la vraie doctrine sur la foi et sur les moeurs, à tel point que même lorsque nous avons eu de mauvais papes, et nous en avons eu au moins six ou sept dans l'histoire de l'Église, la doctrine a été préservée. C'est un miracle, une protection de l'Esprit Saint. Donc il ne faut pas quitter l'église en raison d'un mauvais Pape.
La mentalité "autocéphale" est donc incompatible avec notre foi catholique. Qu'entend-on par "autocéphale" ? C'est l'attitude des Églises orthodoxes et de d'autres communautés qui s'organise de façon indépendante de la sainte Église : elles se considèrent autosuffisantes au point que le Pape, successeur de saint Pierre, et finalement réduit à détenir rien qu'une simple primauté d'honneur. Ils sont prêts à prier pour lui, certes, à l'écouter, peut-être, mais au niveau pratique le Pape n'a qu'une valeure symbolique. En d'autres termes, elles se font leurs propres chefs et donc leurs propres Églises indépendantes.
Mais cette mentalité autocéphale est contraire à la foi catholique. Nous ne pouvons pas fonctionner indépendamment du successeur de saint Pierre, indépendamment du Saint-Siège, sans tomber finalement dans le schisme, qu'il soit matériel ou formel. Au fond, il s'agit d'un principe protestant - cette idée que nous n'avons pas besoin d'une hiérarchie. Cela explique pourquoi ils sont si divisés, chaque communauté se faisant sa propre Église séparée. En se rendant autocéphales, elles finissent par rendre l'Église dans son ensemble (au moins à leurs yeux) essentiellement sans tête. Comme si un corps peut fonctionner sans la tête. Non, nous devons rester unis à l'Église visible, ou, comme le disait le père Mole, un ancien prêtre des Oblats de Marie Immaculée qui avait aidé à la paroisse St-Clément avant l'arrivée de la FSSP, il faut demeurer au cœur de l'Église, malgré les tempêtes que l'Église subit de l'intérieur et de l'extérieur. Ubi Petrus, ibi Ecclessiae.
Ainsi, alors que nous commémorons les grands saints Pierre et Paul, renouvelons notre engagement envers l'Évangile en imitant saint Paul et en restant unis à St Pierre, confiants dans la promesse de Jésus que les portes de l'enfer ne prévaudront pas. Et renouvelons notre compréhension de la foi en ouvrant nos catéchismes et en les étudiant à nouveau, afin que nous puissions nous aussi connaître la foi et être des apôtres à notre manière auprès de ceux qui nous entourent et dont nous avons la charge, afin qu'elle soit transmise et préservée, pour qu'en tant que catholiques nous ayons cette unité de foi tant désirée par Notre Seigneur qui a dit : "Qu'ils soient Un, comme le Père et moi sommes Un". Pierre et Paul étaient un dans la foi. Demandons-leur de prier pour nous, en ce jour de leur fête, pour cette même unité de foi.





















