Cette semaine, j'ai lu quelques commentaires d'un prêtre que j'admire beaucoup, l'abbé George Rutler, qui est le curé de l'église Saint-Michel Archange à New York, où, en ce moment, il y a beaucoup de gens à l'hôpital, tellement que la marine américaine a envoyé un hôpital naval appelé le Confort pour aider dans le soin des malades. Ce navire était venu au secours des victimes lors de la catastrophe du 11 septembre et l'abbé Rutler s'en est bien souvenu car sa paroisse était proche de l'épicentre du désastre.
Et alors que l'abbé Rutler regardait par la fenêtre de son presbytère cet hôpital naval qui passait par là, avec les souvenirs du 11 septembre qui lui revenait en mémoire, il réfléchissait à la situation extraordinaire actuelle de la fermeture des églises pour des raisons de santé publique pendant la pandémie actuelle du virus, et a écrit ceci :
« Avec un grand choc ce Carême, des mortifications ont été imposées par des circonstances hors de notre contrôle, des circonstances pas choisies par l'exercice du libre arbitre. Maintenant, la Passion sera plus puissante, car les portes du Temple sont fermées ».
Au cours de la première semaine sainte, « sur le Mont des Oliviers, trois des apôtres ont connu un sommeil dépressif, hanté par une confusion angoissante ». Et puis, après que Notre Seigneur ait été trahi et emporté, puis crucifié et enterré, tous les « saints apôtres se sont crus privés de Celui qu'ils espéraient être le Messie ».
Autrement dit, à l’époque, le peuple de Dieu se sentait abandonné.
Il a poursuivi sa réflexion en disant :
« À chaque génération, des circonstances variées ont donné l'impression d'être abandonné par Celui qui avait promis d'être toujours avec nous. »
Et puis l'abbé Rutler a terminé sa réflexion en citant Blaise Pascal qui l'avait dit. « Jésus sera en agonie jusqu'à la fin du monde. Il ne faut pas dormir pendant ce temps‑là.».
J'ai trouvé cette dernière citation de Blaise Pascale particulièrement frappante. Nous ne devrions pas dormir pendant tout ce temps.
L'abbé Rutler ne parlait pas, dans sa réflexion, du sommeil physique, mais plutôt de la fadeur d'esprit qui s'installe si souvent lorsque nos priorités ne sont pas au bon endroit.
Et comme je l'ai dit aux fidèles qui sont venus ici pour se confesser au cours des deux dernières semaines, nous devons regarder cette période difficile d'une manière surnaturelle.
Dieu le permet.
Nous ne pouvons pas faire grand-chose à ce sujet. Nous devons donc surnaturaliser ces circonstances et en tirer profit pour notre bien spirituel.
Souvenez-vous que le Carême est une préparation, où nous fixons notre regard vers la mort du Christ et à sa résurrection.
Mais toute notre vie est dans un sens une sorte de Carême. Car il y aura aussi une mort, et après cette mort, si nous sommes unis au Christ, nous pouvons espérer une résurrection.
Nous devrions donc considérer toute notre vie comme une préparation, tout comme le Carême est une préparation.
L'abbé Rutler dit que « nous ne devrions pas dormir pendant tout ce temps ». Autrement dit, nous devons être vigilants. Nous devons faire attention. Nous devons être prudents. Nos sens ne devraient pas être émoussés par rapport à notre premier devoir de prière et de pénitence ce carême.
Nous ne devrions pas passer des heures de notre journée sur l'Internet, à chercher les dernières réponses à nos questions, à rechercher constamment les derniers titres dans l'actualité, les dernières controverses, les derniers complots.
Mes chers paroissiens, les réponses à vos questions et aux miennes se trouvent en Jésus-Christ, elles ne se trouvent pas sur l'internet !
Sess
Envoyer un courriel à l'abbé Deprey à deux heures du matin n'est pas bon signe !
Le World Wide Web est bien décrit – parce que c'est une toile, et sur chaque toile il ya une araignée, qui essaie de vous attraper et de vous sucer la vie.
Vous devez prendre soin de votre vie spirituelle !
Que faites-vous de votre journée ? Que faites-vous réellement du temps précieux que Dieu vous a donné, plus de temps que vous auriez pu imaginer, pour vous préparer à cette grande fête de Pâques ? Il me semble que la plupart d'entre nous en ce moment ont beaucoup plus de temps.
Saint Paul dit dans sa lettre aux Romains :
« C'est l'heure de nous réveiller enfin du sommeil ; car maintenant le salut est plus près de nous que lorsque nous avons embrassé la foi. La nuit est avancée, et le jour approche. » (Rm 13, 11-12)
Dans la confusion et la panique périodique de nos circonstances actuelles, nous devons chacun fixer nos priorités cette semaine. Quelles seront-elles ?
Avons-nous peut-être pris Notre Seigneur pour acquis ?
Nous savons que la Semaine Sainte est la semaine la plus importante pour nous en tant que catholiques, et pourtant nous nous retrouvons, en un sens, chassés, comme les pénitents publics de l'église primitive, qui devaient faire pénitence en public pour leurs péchés pendant le Carême pour mériter d'être réadmis dans l'église.
Est-ce un message que nous comprenons ?
C'est en effet un moment de deuil. C'est le temps de la vraie Pénitence. Nos péchés ont causé les blessures du Christ. Nos péchés l'ont cloué sur la croix.
Nos péchés sont la cause de la mort, de la destruction et de la pandémie.
Nous devons, comme l'exhorte saint Ignace de Loyola, nous efforcer de devenir tristes et de nous lamenter parce que le Christ va vers Sa mort. Il se cache, il cache sa divinité, ne désirant que souffrir pour expier chacun des péchés que vous et moi avons commis. C'est le moment de faire un examen de conscience, c'est le moment de se poser la question : Si le Christ est mort pour moi, que vais-je faire pour le Christ ?
Je voudrais vous faire part d'un acte de contrition qu'une de nos paroissiennes m'a montré il ya quelques mois. J'ai été très ému par cette prière, car je ne l'avais jamais entendue auparavant. Je l'ai trouvé si belle que je voulais la partager avec vous. Je pense que vous pourriez en tirer profit alors que vous cherchez cette semaine à réfléchir sur votre vie pour vous amener à une véritable contrition et à une repentance renouvelée. Voici la prière :
Pardonnez-moi, Seigneur,
pardonnez mes péchés :
les péchés de ma jeunesse,
les péchés de mon âge;
les péchés de mon âme,
les péchés de mon corps ;
mes péchés d'oisiveté,
mes graves péchés volontaires ;
les péchés que je connais,
les péchés que je ne connais pas ;
les péchés que j'ai cachés pendant si longtemps,
et qui sont maintenant cachés à ma mémoire!
Je suis vraiment désolé pour chaque péché, mortel et véniel,
pour tous les péchés de mon enfance jusqu'à l'heure actuelle.
Je sais que mes péchés ont blessé votre Cœur si tendre !
Ô mon Sauveur, laissez-moi être libéré des liens du mal
par la Passion douloureuse de mon Rédempteur.
Pardonnez-moi, Seigneur, car j'ai péché.
Ainsi soit-il